<< Pendant un bref moment, tout etait différent, quelque chose s'etait établie, quelque chose de profond. Le temps s'etait arrété, les mouvements aussi. On a tous ressenti cette connivence, et la vie a repris son cours. >>
C'était un jour d'automne, et je me rappelle exactement du temps qu'il faisait, à croire que tout m'a marqué ce jour là. Il y avait des nuages, mais le vent qui soufflait n'avait rien d'agressif, au contraire, il soulevait mes cheveux que j'avais relevés avec précision ce matin-là. La pluie etait tombée toute la semaine, et tout semblait vivre sous l'eau, tout scintillait. C'était comme si tout avait pris une nouvelle forme. La forme de la magie. A présent il se tenait à moins de deux mètres de moi, je me souviens tellement bien, cette image m'a traversée toute ma vie, et ne m'a jamais plus lâchée. Elle se tenait à moi, et s'aggrippait mais me donnait envie d'avancer, et non plus de reculer. Je me souviens, il portait un jean défoncé, et des baskets blanches toutes pourries. Et je ne saurais même plus vous dire pourquoi, je me rappelle de cet instant plus que des autres. J'ai beau chercher, je ne retrouve rien. Ou plutôt je retrouve trop, trop de choses qui pourraient correspondre. Comme la facon dont il s'est avancé vers moi et m'a prise contre lui, et je crois que jamais personne ne m'a refait vivre un moment de plénitude pareil de toute ma vie. Il m'a serré contre lui, il sentait quelque chose de différent, de complètement opposé. Mon coeur battait tellement fort, et pourtant je sentais son souffle, sa respiration. Puis il a lentement passé sa main dans mes cheveux, il a plongé ses yeux dans les miens. Il avait ce regard détaché. Il m'a regardé, ses yeux ont transpercés les miens. Je crois qu'il a été la seule personne a entrer à ce point là en moi. C'est bête à dire, mais c'était le seul à qui j'aurais pu me livrer entiere, corps et âme. (...)
je t'aime